Les ponts français les plus légendaires : Le Viaduc de Garabit

Le viaduc de garabit

Les ponts français les plus légendaires : Le Viaduc de Garabit

Le monde des ouvrages d’art a toujours tenté de repousser les limites du possible. Construire des ponts ou des viaducs afin de relier 2 points au-dessus d’un obstacle qui semblait pourtant infranchissable. Pierres, béton, métal … les matériaux et les techniques évoluent au fil des siècles pour relever à chaque fois de plus grands défis.

 

Parmi les grands ouvrages français qui ont marqué l’histoire du génie civil en France et au-delà des frontières, on peut donc citer le flamboyant Viaduc de Garabit qui fait la fierté du département du Cantal depuis plus d’un siècle. Ce viaduc a été construit à seulement 200km du Pont du Gard qui est lui aussi emblématique du savoir-faire français!

 

 

Point historique sur le Viaduc de Garabit

En pleine période de développement économique, il est important pour la France du 19ème siècle de faire profiter ses régions les plus isolées de l’essor qui se joue dans les grandes villes. De plus, la multiplication des voies de chemin de fer offre de nouvelles opportunités à des territoires éloignés.

Un grand projet s’engage donc pour relier Bézier à Paris en passant par le Massif Central. Cette nouvelle ligne permettra aux négociants en vin de faire connaitre leurs produits plus facilement à Paris et à travers le pays.

 

Une difficulté de taille se dressait cependant sur ce projet. En effet, le tracé nécessitait la construction d’un ouvrage au-dessus de la Truyère avec pour contrainte de surplomber la vallée sur 122m. Du jamais vu pour l’époque !

Contrairement à ce qu’on peut entendre, c’est Léon Boyer qui est à l’origine de cet ouvrage métallique hors du commun. Cet ingénieur des ponts et chaussées a étudié et conçu l’intégralité du projet du Viaduc de Garabit, puis en a confié la réalisation à l’entreprise Gustave Eiffel.

 

Au démarrage du projet en 1880, le chantier est un sujet de conversation pour les ingénieurs du monde entier ! Comment construire un pont aussi grand dans des conditions géographiques aussi difficiles ? Cela semble être un pari impossible mais les responsables du projet sont déterminés à prouver que la France est le meilleur pays du monde sur la création d’ouvrages d’art !

 

En raison des puissantes rafales de vent qui s’engouffrent le long des gorges de la Truyère, il n’est pas concevable de construire un pont suspendu classique. Il faut trouver une solution qui oppose le moins de résistance possible face au vent afin que l’ouvrage n’oscille pas dangereusement. Le Viaduc de Garabit est donc largement inspiré d’un ouvrage construit par Eiffel au Portugal quelques années plus tôt, le Pont Maria Pia.

 

Pont Maria Pia Eiffel

 

 

Au lancement du projet, le Viaduc de Garabit est fait pour devenir le plus grand ouvrage métallique du monde !

Aujourd’hui, près de 150 ans après sa construction, le majestueux Viaduc de Garabit est d’ailleurs candidat pour être classé au patrimoine mondial de l’Unesco.

 

 

Le Viaduc du Garabit en quelques chiffres

 

564,69m : longueur du tablier pour franchir la Truyère ;

52m : hauteur de l’arc au centre de la structure ;

De 24,54m à 60,74m : hauteur des différents piliers du pont ;

3169 tonnes de fer nécessaires pour la réalisation de l’ouvrage ;

122m : de haut au-dessus de la rivière la Truyère ;

400 ouvriers ont participé au chantier, tous corps de métiers confondus ;

20 370m3 de maçonnerie composent les bases de la structure métallique ;

678 768 rivets permettent de faire tenir les pièces métalliques entre elles ;

24 avril 1884 : date à laquelle les 2 demi arches de l’ouvrage sont assemblées ;

4 ans : durée pendant laquelle il a fallu patienter entre la fin des travaux et sa première utilisation du viaduc par un train (hors phase de test).

 

 

 

 

Les secrets de construction du Viaduc de Garabit

Le projet du Viaduc de Garabit réunit 3 grands ingénieurs : Léon Boyer, Gustave Eiffel et Théophile Seyrig. La construction de la structure n’est pas simple car il n’existe aucune route permettant d’accéder aux gorges de la Truyère et précisément sur les lieux du chantier.

 

Portraits de Léon Boyer, Gustave Eiffel et Théophile Seyrig

 

Les différentes pièces métalliques confectionnées à Levallois Perret devaient donc être acheminées en train jusqu’à la gare de Neussargues. Puis elles étaient transportées jusqu’à Garabit grâce à des chevaux et des bœufs. Ces problèmes logistiques ont donc rallongé considérablement la durée de construction du viaduc.

Pour essayer de limiter les retards, Eiffel prend l’initiative d’installer un véritable village au pied du viaduc.

 

En janvier 1880, le chantier est officiellement lancé. Les travaux commencent par la mise en place des culées en béton aux 2 extrémités de l’ouvrage, ainsi que des 5 assises qui accueilleront les piles du pont.

Un pont temporaire est également monté pour construire au mieux le viaduc. Ce pont éphémère de 33m de haut est équipé de 2 voies ferroviaires. Ainsi, des petites locomotives transportent les matériaux d’une rive à l’autre. Ce petit ouvrage se révèle également très utile lorsqu’il a fallu placer à la verticale certaines pièces et sera même indispensable au moment d’élever l’arche central au-dessus du vide.

 

Barres tendues, barres compressées, croix de Saint-André, grâce au savoir-faire d’Eiffel et de ses confrères, la structure s’équilibre et est protégée contre les déformations. Les pièces métalliques sont-elles assemblées grâce à des rivets, une technique phare du 19ème siècle.

Pour installer le tablier, il a été décidé de travailler en 2 temps. Les 2 morceaux du tablier devaient être poussés de part en part de la rive avant d’être assemblés. Il a fallu 60 jours pour pousser le tablier du côté Ouest sur 103m et 164 jours pour le tablier de la rive Est afin de le pousser sur 282m.

 

Au fur et à mesure de l’avancée du tablier il fallait également construire la grande arche afin de soutenir le tablier de plusieurs tonnes. C’est ainsi qu’après un chantier de quatre années, les 2 morceaux de l’arche sont assemblés ainsi que le tablier. Les calculs étaient d’une grande précision car les 2 parties sont arrivées à 0,5cm de leur position idéale.

 

Sur le Viaduc de Garabit, tout a été pensé pour que l’édifice ait une vie pérenne et puisse être utilisé des années durant dans les meilleures conditions !

Grâce à sa structure très aérée, le vent passe en travers de l’ouvrage sans lui opposer trop de contraintes et est également protégée de la rouille malgré l’humidité du lieu.

Gustave Eiffel avait également eu l’idée d’installer un mécanisme particulier à la base de l’ouvrage pour le rendre plus souple et l’aider à absorber le mouvement de charge lors des passages des trains. Il s’agit de 4 rotules pouvant s’incliner de haut en bas et de bas en haut pour accompagner les légers mouvements du pont.

 

 

 

L’entreprise Matière®, spécialisée dans la construction de ponts n’a pas encore eu l’occasion de construire d’ouvrages d’art aussi légendaires. Néanmoins, son savoir-faire est de plus en plus reconnu en France et à travers le monde. Matière® a d’ailleurs eu l’occasion de construire de nombreux ponts ferroviaires en France et à l’étranger comme par exemple le pont ferroviaire de Souppes-sur-loing ou le pont ferroviaire de Dimbokro.

 

Pour la construction de ces ouvrages ferroviaires, Matière® propose des solutions modulaires telles que l’Unibridge® qui répondent aux différentes normes internationales (Eurocodes, AASHTO, British Standards mais aussi Australian Standards).

 

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